L’hommage aux poilus à l’église Saint-Michel de Reischoffen (Article paru dans les DNA le 18/11/2018)

« N’oubliez pas ! », Mélodie en Chœur a apporté de l’émotion, de l’enthousiasme, de l’espoir.L’église Saint-Michel de Reichshoffen était bien trop petite pour le concert de commémoration du centenaire de l’Armistice offert par Mélodie en Chœur dimanche. Soixante choristes et musiciens comme on ne les a jamais entendus.La chorale, dirigée avec maestria par Thomas Kern, a choisi le camp de l’espoir, de la vie, car « seuls les vivants créent le monde » (Stephan Zweig). Par devoir de mémoire envers les huit millions de victimes du conflit, le scénario a fait la part belle à la célébration de la paix, à la nécessité de réaffirmer sans relâche la foi en l’humanité, en un monde fraternel et non violent.Une atmosphère crépusculaire de champ de bataille, le son du canon, de la mitraille précèdent une version adaptée de Quel est ce grand vacarme ? (Hugues Auffray). Le clairon sonne l’appel et introduit Quand un soldat (Yves Montand), et relate l’enthousiasme du début de la guerre, lorsque les poilus partaient la fleur au fusil.La voix de soprano de Frédérique Lebold fait mouche. Un frisson a parcouru la nef bondée de l’église. Plus encore, les lettres de soldats, l’ultime lettre d’un poilu à son épouse et à sa petite fille qu’il ne reverra sans doute plus… précède I de Florant Pagny.• De très longs applaudissementsSecteur de Niederbronn18/11/20182/2La lettre d’une femme à son homme au front, permet de découvrir ces femmes qui remplacèrent les hommes dans toutes les tâches de la vie quotidienne.J’écris ton nom et Liberté , deux poèmes de Paul Éluard permettent d’introduire N’oubliez pas (Lisa Angel).Avec Thomas Kern à l’orgue et Elisabeth Gasser à la baguette, le Chant des partisans a donné la chair de poule. Les percussions de Valentin, le clavier d’Aurelian, les effets spéciaux de Jean-Yves, la formidable acoustique des lieux et la chorale au diapason… étaient les ingrédients de ce concert hommage, salué par de longs, de très longs applaudissements. Sur Heal the World de Michael Jackson, des lumières se balancent dans les travées…Suivent Martin Luther King sur l’écran ( I have a dream ), la chorale répond : Lily de Pierre Perret, puis Imagine de John Lennon.« Si tu crois qu’un sourire est plus fort qu’une arme… alors, la paix viendra », disait le père Pierre Guilbert. L’espoir renaîtra avec Ein bisschen Frieden (Nicole), le public est debout avant un dernier Heal the World. Deux heures de bonheur !